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Tous les ans, la sortie en primeur des grands vins de Bordeaux est attendue avec impatience. En 2007, les prix sont revus à la baisse.
Bordeaux a été le théâtre d’une âpre lutte. Quel en était le motif ? La sortie des prix du nouveau millésime. L’enjeu de cet affrontement opposait le négoce traditionnel aux propriétaires des domaines les plus importants. Selon le négoce : «Le marché ne peut pas absorber un autre millésime (trop) cher». Ses représentants estiment que le 2007 a été stigmatisé comme un millésime de moindre qualité, qui devrait être proposé 20 à 30 pour cent moins cher. En plus, le cours de l’euro est élevé, le dollar bas, et le monde de la finance sens dessus-dessous. Mais pour les propriétaires de domaines, l’année 2007 figure parmi les très bons millésimes avec des coûts élevés et des quantités limitées de grands vins – ou plus exactement volontairement limitées. Selon eux, une réduction des prix ne se justifie donc pas. Un peu abasourdi, le consommateur se trouve pris entre deux fronts. Un initié résumait fort à propos : «Je ne connais aucune autre région où les gens mangent ensemble à midi, jouent au golf et font la fête ensemble, et se combattent avec tant de vigueur par-derrière». À présent, les châteaux du Bordelais les plus réputés sortent enfin leurs prix sur le marché, les uns à des prix stables ou légèrement plus bas, les autres 20 ou 30 pour cent moins chers. Par conséquent, en tant que consommateur, il ne nous reste plus qu’à choisir au cas par cas quel vin nous voulons souscrire. Et ce n’est pas si difficile. Car, excepté deux ou trois domaines, 2007 ne sera pas un millésime de spéculation. Même les Premiers crus ne prendront pas tant de valeur que cela. Quant au style, le 2007 tombe à pic, car les vins rouges, pour la plupart agréables et fruités, donneront du plaisir dans six ou sept ans. En procédant de façon sélective, on peut faire quelques bonnes affaires. Notre dossier spécial, à partir de la page 54, vous y aidera.
Marie-Hélène Mondary
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